La semaine folle de la mode à Milan

La semaine folle de la mode à Milan

Partager

L’alliance entre la mode et la technologie n’est pas récente. On se souvient (ou pas, et ce n’est pas grave) de la collaboration entre Hermès et Apple. Mais Dolce & Gabbana est allé plus loin (trop loin ?). À Milan, dimanche 25 février 2018, lors de l’ouverture de son défilé automne/hiver 2018, la marque italienne a décidé de remplacer ses mannequins par des drones pour présenter sa nouvelle ligne de sacs, conjuguant ainsi le futur au présent. 

 

Les Gigi Hadid et autres Kendall Jenner ont été remplacées par des objets volants. Ce monde 2.0 va vite, très vite. Comme quoi, même la mode n’est pas à l’abri de la révolution technologique. Si les mannequins, vivants cette fois, ont présenté la ligne de vêtements, on a quand même envie de se poser une question. Le mannequin est-il humain ? A-t-il même vocation à l’être ? Ils s’effacent derrière les robes, les jupes, les manteaux. C’est un peu un cintre avec un cœur des os et des poumons. Une marionnette, un Pinocchio qui répond aux ordres des créateurs et des photographes. Un « être » qui n’est là que pour « faire » et qui se plie aux diktats et aux exigences d’une mode qui change toutes les Fashions Weeks. Mais essayons de voir le verre à moitié plein. Et si, finalement Domenico Dolce et Stefano Gabbana avaient du génie ? Au moins avec des drones, plus de polémiques sur la maigreur des mannequins ou sur le culte de la beauté... Mais ce n’est pas tout. Grâce aux drones, des images des 600 invités présents pour l’événement étaient retransmises sur écrans géants. Visualisez plutôt : des drones filment des personnes, qui filment ces mêmes drones, armées de leurs smartphones. Très Orwellien.

 

 

 

Mais Alessandro Michele, directeur artistique de la marque Gucci semble aussi avoir perdu la tête. Ou du moins celle de ses mannequins. Au premier passage, la mannequin Unia Pakhomova marche avec une réplique parfaite de sa propre tête qu’elle tient dans ses mains. Alessandro Michele ne sort pas cette idée de sa caboche, il s’est inspiré des céphalophores, ces saints martyrs qui, après avoir été décapités, se saisissent de leur tête pour partir dans une marche spirituelle. L’art de la renaissance n’est pas la seule source d’inspiration du directeur artistique. Derrière, « Un manifeste Cyborg » de Donna Haraway. La théoricienne américaine y explique comment la notion de cyborg affecte l’identité humaine. Prophétique, l’homme de demain sera robotisé, il faut s’y préparer. Attention, le propos n’est pas de dénigrer la mode qui est à l’origine de pleins de belles choses. Si la série black Mirror manquait d’intrigue, voici pour eux de beaux synopsis.  

 

 

 

1519227368431-gettyimages-922120994_0.jpeg

 

 

Crédit photo: REUTERS/Tony Gentile