The Front runner : Gloire et décadence d’un candidat à la présidence

The Front runner : Gloire et décadence d’un candidat à la présidence

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Gary Hart, vous vous en souvenez ?

Il s’agit du protagoniste d’un des plus gros scandales politiques qui ont secoué les Etats-Unis d’Amérique d’après-guerre…

Il y a le Watergate, bien sûr. Nous en avons parlé dans une précédente chronique consacrée à « All the President man »…

Le scandale Hart n’a rien à voir avec de l’espionnage politique. Il s’agit d’une affaire de mœurs où se confrontent un puritanisme matinée de malveillance et la vie privée d’un homme qui va être jeté en pâture à des pisse copie charognards…

C’est en pleine campagne électorale que Gary Hart, brillant intellectuel et sénateur du Colorado et grand favori pour l’investiture démocrate en 1988, va être amené à se retirer de la course suite à des révélations sur d’éventuelles liaisons extra-conjugale.

« The front runner » ou «  Le scandale » pour la version française est un thriller politique sorti en 2018 et réalisé par le canadien Jason Reitman.

Reitman n’a pas eu le succès escompté avec ce biopic malgré la présence de Hugh Jackman dont la prestation frise la perfection dans le rôle de l’infortuné Gary Hart…

A quoi cet échec est-il dû ?

Le scandale, et la destruction de la carrière de l’impétrant fait peut être bel et bien partie du passé…

Mais on peut penser que le film n’apporte pas grand-chose de nouveau sur le sujet…

A part quelques clins d’œil aux « meetowistes » de France et de Navarre …

On peut trouver le film lisse, car attendu dans ses développements et sa progression dramatique.

On peut aussi y voir une maîtrise de la mise en scène et du scénario. L’inconvénient c’est que ces ouvres très écrites et ces scénarios bétonnés évacuent les lignes poétiques qui amènent la vie au cinéma…

Autrement The Front runner convoque les ingrédients habituels du thriller politique.

Il y a, d’abord, les médias. Ici paparazi, journaleux, et sombres échotiers se mêlent aux grosses pointures du Washington Post.

Sous la pression du buzz, tout ce beau monde fini par se coaliser.

Le film montre d’une manière très claire comment l’agenda médiatique échappe de plus en plus à la presse sérieuse qui se trouve obligée, pour ne pas perdre son lectorat, de s’aligner sur les tabloïds et les journaux à scandale.

La discussion au sein de la rédaction du Washington Post est à ce point édifiante. La conférence de rédaction est d’ailleurs filmée d’une manière ou les journalistes sont comme acculés, dans un cadre confiné avec une très légère plongée sur le rédac chef…

Il y a donc ce dispositif de mise en scène très réussi qui oppose le groupe aux individus, le public et le privé, pour souligner l’isolement et surtout la solitude de personnages jetés en pâture à une meute filmée constamment dans l’indifférenciation.

Gary Hart fini par apparaître comme une proie qui doit payer pour toute la suspicion qui pèse sur certains hommes politiques…

Hart pour qui la politique consiste essentiellement à proposer des idées se trouve confronté à une machine qui veut des révélations sur la vie privée.

On voit Hart, à plusieurs reprises, refuser de se plier à l’injonction médiatique de la photo de famille, voulant à tout prix protéger la sienne…

Trop sérieux, à la limite rigide, Hart semble parfois surgir d’une autre époque…

Il parait ne pas saisir le nouveau pouvoir des médias, et la transformation de l’électorat qui demande du spectacle…

Le scandale de Gary Hart préfigure une réalité qui va devenir le pain quotidien avec les médias sociaux ou les frontières entre vie public et vie privée sont de plus en plus floues…

Ecouter Final Cut - The Front Runner

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